« Actes d’intimidation » envers des élus : une Municipalité déclare l’état d’urgence
« Menaces », « intimidation » et « comportements hostiles » contre des élus et des employés : dans la petite municipalité de Sainte-Élisabeth, dans Lanaudière, la tension entre le conseil municipal et les citoyens est telle que le maire y a déclaré l’état d’urgence. Des opposants y voient une « déclaration de dictature ». Dans son arrêté signé vendredi midi, M. Bérard a justifié le recours à cette mesure normalement utilisée en cas de sinistres par Louis Bérard autorise ainsi la Municipalité à embaucher des agents de sécurité, à prendre des mesures de sécurité pour protéger les élus et employés, ainsi qu'à contrôler l’accès aux bâtiments municipaux, entre autres. La séance du conseil municipal, prévue lundi, se déroulera à distance, a aussi décrété le maire. Louis Bérard a refusé d’expliquer les pouvoirs qu’il compte utiliser avec l’état d’urgence qu’il a décrété. Louis Bérard a été élu sans opposition en 2021. (Photo d'archives) Photo : Municipalité de Sainte-Elisabeth Depuis au moins 2023, chaque séance du conseil de cette ville de 1400 âmes à 20 minutes de Joliette est plus houleuse que la précédente. Plusieurs citoyens, dont certains habitués, y attendent les élus de pied ferme pour dénoncer un manque de transparence et une gestion douteuse des fonds publics. À la dernière séance extraordinaire du conseil municipal, début juin, la tension était à son comble : les citoyens et le maire s’accusaient mutuellement de se couper la parole et l’assemblée, ponctuée de ricanements et de commentaires, a été couronnée par plusieurs injures d’un citoyen lancées à l’endroit du maire. Même avant d’entrer dans la salle, les esprits s’échauffaient, alors que des personnes – des Cette séance avait pour but de finaliser une entente afin de mettre fin à l’emploi d’un employé de la Municipalité. Pour des raisons de confidentialité, aucun détail n’était fourni, sauf qu’une La pilule passait de travers pour les citoyens sur place, qui ont dénoncé que la Municipalité n’ait rendu public aucun état financier depuis 2023. Selon lui, les citoyens de Sainte-Élisabeth – qu’on appelle les Bayollais – sont D’habitude, quasiment personne n’assiste aux conseils municipaux. Nous, on bat des records : entre 50 et 60 personnes se présentent à chaque séance. Le maire Bérard, qu’il qualifie d’ Il assure n’avoir rien vu de David Frappier, lui, estime que le maire En 2024, la Commission municipale du Québec avait d’ailleurs mené un audit à Sainte-Élisabeth, intéressée par le fait que, deux ans auparavant, la municipalité avait accusé un déficit de 20,8 % de ses revenus de fonctionnement. Elle y a trouvé des De plus, le rapport produit par le maire sur les faits saillants financiers On se demande pourquoi on n’est pas déjà sous tutelle. En mars dernier, la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a nommé une observatrice pour examiner la situation, évoquant que L’attachée de presse de la ministre a assuré qu’elle suivait la situation de près et que son ministère pourrait éventuellement envisager d’autres possibilités. Ni la Sûreté du Québec ni le ministère des Affaires municipales n'ont répondu aux questions de Radio-Canada sur la situation à Sainte-Élisabeth.Trois employés de la municipalité ont été blessés par des citoyens
lors de la dernière séance extraordinaire du conseil, a justifié le maire de la municipalité, Louis Bérard, à Radio-Canada.Il va y avoir des actes criminels qui vont être portés par la police à ces gens-là
, a-t-il poursuivi avant de refuser de faire d’autres commentaires.un climat de peur et d'instabilité compromettant la capacité de la Municipalité à assurer la continuité de ses services essentiels, ainsi que la sécurité physique et psychologique de son personnel
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employés de la Ville
, selon un témoin – en bloquaient l’entrée. Une vidéo des événements, consultée par Radio-Canada, montre qu’une bousculade a éclaté lorsqu’une personne a tenté d’ouvrir la porte de force.acquittance
de 40 000 dollars allait être offerte à cet employé.Tant qu’on n’aura pas les états financiers, on ne sait pas si on est dans le trou, donc on ne peut pas se permettre de dépenser comme ça
, a dénoncé en entrevue David Frappier, qui habite Sainte-Élisabeth depuis sept ans.Depuis que le maire est en poste, il dépense pour des projets auxquels on ne s’attend pas
, a poursuivi M. Frappier, qui s’implique beaucoup dans les dossiers municipaux.découragés
du fait que M. Bérard ne répond jamais aux questions
.Un aveu d’incapacité
Le maire devrait arrêter de mettre la faute sur le citoyen et se demander pourquoi il y en a autant qui le talonnent
, estime François Lafarge, un membre du conseil qui joue l’opposition à l’équipe de M. Bérard.autoritaire
, ne répond pas aux questions, il les évite
, a déploré M Lafarge en entrevue. L’état d’urgence, selon lui, servira à faire taire les citoyens
.C’est un aveu d’incapacité à gérer une ville
, a-t-il lancé.grave
au conseil municipal, mais il note tout de même des propos déplacés.Les citoyens sont écœurés
.Un audit et une observatrice
semble se donner encore des moyens financiers illimités
avec cette mesure, alors que l’état des finances de la Ville demeure flou.lacunes importantes
dans le contrôle budgétaire et un manque d’accessibilité et de transparence
dans la reddition de comptes.Le suivi budgétaire et la reddition de comptes ne permettent pas de soutenir pleinement une prise de décision éclairée
, soulignait-elle dans son rapport, daté de novembre 2024.n’informe pas adéquatement la population sur les résultats financiers et sur la situation financière de la Municipalité, entre autres les informations sur la dette et les excédents (déficits) accumulés
.On continue à faire des dépenses sans savoir l’état de nos finances
, a dénoncé M. Lafarge.des doutes subsistent quant à la capacité du conseil à prendre les décisions nécessaires au bon fonctionnement de la Municipalité
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